Ce n’est pas parce que c’est petit, que c’est facile !
Ce serait même plutôt le contraire…
Pour ce pied à terre de 35 m2 (mezzanines comprises), il nous a fallu batailler avec la copropriété, qui n’a pas assumé les désordres découverts à l’occasion du curage, remonter la note du DPE de 3 points car c’était bel et bien une passoire thermique, et bien sûr répondre au programme du maître d’ouvrage, particulièrement dense.
Ce n’était d’ailleurs pas un logement au tout départ, ou peut-être un logement atelier comme il en existait beaucoup dans ce quartier du Faubourg Saint Antoine. Le nôtre se situe passage du Chantier, une venelle créée en 1842, étroite et un peu sombre, dont les bâtiments de bric et de broc, ont un charme dont on mesure la qualité « ordinaire », après avoir imaginé les faire disparaître au milieu du XX° siècle. Le Chantier, un chantier de bois, était tout proche, bois d’œuvre et bois d’ébénisterie étaient livrés depuis la Seine pour alimenter les artisans du bâtiment, les menuisiers et ébénistes, qui ont fait la réputation du quartier. Maintenant il y a de belles boutiques, et des artisans toujours, plus chics …
Cette introduction historique pour comprendre la typologie singulière de notre local, situé au premier et dernier étage d’un petit bâtiment à ossature bois, de piètre qualité, avec un pignon en pierre ; Il s’insère entre le passage et une courette pavée et est typique du paysage faubourien.
Avec pas moins de six fenêtres, très rapprochées les unes des autres, conçues pour éclairer naturellement l’atelier à toute heure du jour, les deux lucarnes en toiture ont été créées beaucoup plus récemment, il bénéficie de trois expositions, Est, Sud et Ouest. Une belle lumière et beaucoup de déperditions !
Pour cette famille de trois personnes, il n’était pas question d’un studio de type résidence hôtelière, elle entend bien y vivre « comme à la maison » lors de ses passages à Paris. Cuisiner dans une vraie cuisine, avoir une belle salle de douche, un WC séparé, une buanderie, une bagagerie et des rangements en nombre, y compris pour les chaussures à l’entrée car on s’y déchausse impérativement… Et nous y sommes arrivés.
La grande mezzanine a été conservée en l’état, simplement protégée par un garde-corps en verre, c’est le couchage des parents. La petite mezzanine a été recréée pour avoir un volume de salle de douche confortable, elle reçoit le futon de l’enfant. La seule pièce totalement close est la salle de douche, avec le WC, éclairée et ventilée naturellement par une fenêtre. La cuisine, en niche entre les deux dressings, possède tous les équipements nécessaires. Entre les deux espaces, l’escalier, dessiné et réalisé au millimètre près, comme tout le projet d’ailleurs. Y compris la main-courante encastrée souhaitée par le maître d’ouvrage, qui est à la mesure de ses mains !
Quelques détails
Une partition des espaces a été créée avec des cloisons paravents et le mobilier. Celui-ci est noir, selon le souhait du maître d’ouvrage, et distinct de toute l’enveloppe, traitée en blanc cassé/craie. La charpente est volontairement laissée apparente, bien qu’ayant subi pas mal d’outrages dans de précédentes rénovations, et peinte pour échapper à l’aspect rustique du bois patiné. L’importance des miroirs : en cuisine, sur le seul mur aveugle, ils estompent l’angle et permettent de rester en lien avec l’une ou l’autre fenêtre. En entrée et en SDD, utiles pour s’assurer de sa silhouette.
Les stores sont occultants au niveau des couchages et en toile écrue au niveau bas, pour la protection solaire et visuelle, sans déparer la façade.
L’escalier à limons métalliques, indépendant des parois, est entièrement démontable et ré-employable si besoin.





























